Ce que ma grand-mère m’avait transmis
Dans les Hautes-Alpes, quand j’étais enfant, ma grand-mère me parlait souvent de ces jours particuliers de juin, où la montagne semblait changer de souffle.
Elle disait qu’autrefois, bien avant que l’on parle de calendrier ou de solstice, les anciens vivaient ces moments comme un passage sacré de la lumière.
Ils ne donnaient pas de grands noms à ces jours-là . Ils disaient simplement : “la grande lumière arrive”, ou “le soleil est au plus haut”.

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🌙 Le 20 juin : la veille du grand jour
Ma grand-mère me racontait que la veille du solstice était un temps plus silencieux.
Les anciens, dans les vallées des Hautes-Alpes, ralentissaient leurs gestes. Ils observaient le ciel plus longtemps, comme s’ils écoutaient quelque chose venir.
Ils savaient que la lumière allait atteindre son sommet, et ils entraient dans cette attente avec respect.
Ce soir-là , il n’y avait pas de bruit inutile. On disait que la montagne elle-même “retenait son souffle”.
🔥 Le 21 juin : quand le soleil était au plus haut
Le lendemain, quand le soleil était au plus haut dans le ciel, ma grand-mère disait que les anciens reconnaissaient ce moment comme un sommet de l’année.
Ils ne parlaient pas de dieux avec des noms précis comme on le fait aujourd’hui. Ils disaient que “le soleil était vivant”, qu’il “tenait le ciel ouvert”.
Dans les Hautes-Alpes, cette lumière forte tombait sur les sommets, les torrents, les prairies d’altitude, et tout semblait briller autrement.
🕯️ Le geste des bougies offertes
Ce que ma grand-mère me transmettait surtout, c’était un geste.
Ce jour-lĂ , les familles prenaient des bougies. Et elles allaient chez leurs voisins.
Elles disaient que c’était “offrir un peu du soleil”.
On donnait une bougie allumée, ou une lumière protégée du vent, comme un partage.
Ce n’était pas un grand rituel officiel, mais un geste simple :
- pour relier les maisons entre elles,
- pour partager la lumière du jour le plus long,
- pour souhaiter la protection et la paix.
Ma grand-mère disait que quand on recevait une bougie, on la posait près de la fenêtre, pour que la lumière reste avec la maison.
⛰️ La montagne comme témoin
Elle me disait aussi que dans les Hautes-Alpes, la montagne voyait tout cela.
Les pierres, les sources, les chemins d’altitude gardaient la mémoire de ces gestes simples.
On ne parlait pas de religion compliquée. On parlait de respect du cycle, de gratitude envers la lumière, et de lien entre les gens.
🌿 Le sens de cette transmission
Aujourd’hui, je comprends que ce que ma grand-mère m’a transmis n’était pas seulement une fête.
C’était une manière de vivre le temps autrement :
- reconnaître la lumière quand elle est au plus haut,
- la partager plutĂ´t que la garder,
- et se souvenir que chaque maison porte une part du soleil.
🌞 Conclusion
Dans son souvenir, le solstice n’était pas une date.
C’était un moment où les Hautes-Alpes s’illuminaient autrement, et où les gens se rappelaient qu’ils faisaient partie d’un même souffle de lumière.
Et elle disait toujours, doucement :
“Quand tu donnes la lumière, elle ne diminue jamais. Elle voyage.”
Caroline enfant du paysÂ
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